Fight for my soul (2013)

fight-for-my-soul-album-jonny-lang

 

FIGHT FOR MY SOUL

From Funk opera to Soul rock

UK version.

Le single “Blew up (the house)” (littéralement “Casser la baraque”) donne le ton ! Disponible sur Soundcloud, il nous présente un Jonny en pleine forme, et friand de choeurs à la Motown.

Les fans de Stevie Wonder vont apprécier. Le directeur de Mascot Provogue, la nouvelle maison de disques (européenne !) de Jonny, s’est exclamé “What a voice !” en signant Jonny.

Il va falloir attendre le 2 septembre pour découvrir les 11 merveilles de la nouvelle galette.

Sur “Fight for my soul” vous trouverez de merveilleuses mélodies vocales et un jeu de guitare très expressif pour un album qui n’est pas figé dans un genre. Lang a travaillé pendant trois longues années sur cet album avec le producteur Tommy Sims, qui avait co-écrit le disque “Change The World” d’Eric Clapton. Et tous deux ont opéré sur tous les morceaux depuis leur ébauche à partir des démos de Jonny jusqu’à l’enregistrement final avec les musiciens du Jonny Lang Band actuel.
Une première car Jonny n’avait jamais enregistré d’album avec ses musiciens “live” jusqu’alors.

Voici le track listing :

Blew Up (The House)
Breakin’ In
We Are The Same
What You’re Looking For
Not Right
The Truth
River
Fight For My Soul
All Of A Sudden
Seasons
I’ll Always Be

 

NOTRE CRITIQUE :


Melting pot

7 ans après « Turn around », il était difficile de faire des pronostics sur le genre musical du nouvel album. D’autant que Jonny nous a habitué aux ruptures, depuis « Long time coming ». A bien y regarder, « Wander this World » en constituait déjà une par rapport au blues-rock chimiquement pur de « Lie to me ».

« Fight for my soul » est plutôt homogène, bien que constitué de titres écrits à des années d’intervalle. Des chansons comme « Seasons », composées il y a déjà longtemps, cohabitent avec d’autres comme « Blew up (the house) » plus récentes.

 

A la première écoute, on comprend que « FFMS » n’est pas un clone ou dans la continuité de « Turn around ». Le gospel n’est pas évacué mais intégré. On y trouve de tout dans ce 7ème album : pop, rock, gospel, blues, funk, soul ! C’est un melting pot des expériences musicales passées, un kaléidoscope de sons que j’avoue prendre chaque jour plus de plaisir à découvrir. Pour couronner le tout, le packaging CD du nouveau label Mascot Provogue est classieux, donc le support CD prend ici tout son sens. Il existe même une version vinyle, avis aux mélomanes !

Passons à une revue des titres :

1 – Blew up (the house)
Chanson d’ouverture, un peu le « Still rainin’ » du nouvel album. Entraînant, funky. JL nous fait une démonstration de force au chant, passant de cajoleries funky à sa voix rauque première époque sans effort apparent. La construction de la chanson, alternant chant et chœurs, rappelle la soul-pop de Stevie Wonder. Cela détone, mais on s’y fait vite, surtout à l’écoute sur du bon matériel hi-fi, qui met plus en valeur les chœurs. Superbe morceau d’ouverture, en tout cas. Punchy, flamboyant, parfait pour un réveil matinal vitaminé ! La vidéo en typographie cinétique réalisée par Concord records (le nouveau label US de JL) est à regarder sans attendre.

2 – Breakin’in
L’intro rappelle Michael Jackson ou Curtis Mayfield. JL commence avec un falsetto maîtrisé, qui montre qu’il a évolué depuis « Long time coming » ou il commençait à explorer ce registre de façon parfois moins heureuse. Refrain pop, très orienté radio, efficace mais sans surprises. Le drumming est assez complexe, un peu omniprésent. Globalement, ce morceau me rappelle « One person at a time », un morceau un peu easy-listening, catchy, mais un peu cousu de fil blanc. Bref, j’apprécie, mais sans plus. Je doute que le JL band reprenne ce morceau en live.

3 – We are the same.
Un titre qui sonne un peu humanitaire, à la « One person at a time ». Mais il suffit de quelques secondes pour être détrompé, à moins que ce soit détrempé. C’est l’avalanche de son, avec cordes, voix puissante, chœurs fournis et guitare fulgurante, le tout emmené par une machinerie rythmique infernale à faire pâlir Prince himself. L’arrangement complexe de cordes, avec une touche d’orientalisme surprenante, donne un côté presque cinématique à la chanson. La section rythmique est puissante, les chœurs réminiscents du meilleur Stevie Wonder (on fait pire). Quant au solo de guitare, boosté par une distorsion énorme, c’est du Jonny lang de première classe, de la vache enragée qualité supérieure ! « We are the same » est un peu un ascenseur émotionnel, impressionnant, « uplifting » comme on dit en anglais.

4 – What you’re looking for
La première ballade du disque et pas des moindres. Côté paroles, c’est un peu le contrepoint positif du lunaire (mais néanmoins sublime) « Wander this world ». On perçoit qu’il s’agit presque d’un manifeste de vie. Jonny y rappelle avec raison que dans la vie, on trouve ce qu’on cherche, et que c’est à méditer et reméditer. On est loin du nihilisme de celui qui pensait « errer dans ce monde » ou que « Même Dieu a perdu la trace de mon âme » dans le millénaire précédent.

L’air s’impose comme une évidence, avec un chant un peu poli façon R’n’B mais sans outrances ni effets d’autotone trop souvent entendus ces derniers temps. JL s’y offre de belles envolées vocales, et expose clairement sa philosophie, qui puise directement dans l’Evangile : « Cherchez, et vous trouverez ».  Encore une belle découverte musicale, et peut-être un titre qui trouvera une nouvelle dimension en live. Le seul bémol que je trouve à ce morceau, c’est un break de batterie un peu trop imposant pour une ballade, vers la fin.

5 – Not right
Après une intro aux accents country, c’est du pur funk qui déboule. Comme pour nous rappeler que Jonny sait aussi s’amuser avec des riffs pendant 4 minutes. Avec son légendaire staccato, pas de problème pour les rythmiques funky syncopées ! C’est chaloupé, sexy, avec un chant qui rappelle le non moins funky « Before you hit the ground ». On se prend à danser dans sa voiture avec des trucs comme ça…

6 – The truth
Après une intro à la Santana, on se croirait chez Bryan Adams période « Everything I do ». Nouvelle ballade, très pop-rock et très orientée radio. Le chant de Jonny y est ample, puissant. Et le vibrato de la guitare de Jonny peut prendre ici toute la place souhaitée, avec chaleur. Cela dit, rien de bien original dans cette chanson, mais à côté « Everything I do » fait pâle figure. Quelle voix ! Et je préfère « The truth » à « Beautiful one », dans le même registre.

7 – The river
Power-gospel ? Country-funk ? Ce titre m’a dérouté à la première écoute, puis je suis vraiment rentré dedans. Il est littéralement soulevé par les chœurs, qui prennent le devant contrairement à « Blew up the house ». On sent ici la patte de Missi Hale, les chœurs sont plus féminins. Comme s’il s’agissait d’un duel vocal, Jonny monte d’un cran à la fin de la chanson et sa voix rauque fait merveille.  L’intro donne le ton : malgré quelques ralentissements comme pour reprendre son souffle, c’est une locomotive vocale qui fonce et rugit pendant trois minutes. Vraiment, quelle voix !

8 – Fight for my soul
Hypnotique. La basse de Jimmy Anton fait mouche dans ce titre planant aux paroles qui n’ont rien de sirupeux. Les effets de guitare reggae ne sont pas là non plus pour nous faire voyager, mais un peu comme des échos de conscience tandis que Jonny prêche. Oui, c’est à une sorte de chant-prêche que Jonny se livre cette fois. La forme paraît simple, on est encore dans la ballade. Mais il ne s’agit pas de se ballader… Le propos est sérieux, il en appelle à la conscience, à l’âme de l’auditeur. La vie est un combat que personne d’autre ne peut mener à notre place. C’est joliment dit, avec une montée vocale extraordinaire vers la fin de la chanson. Un grand titre, assurément. A voir ce que ça peut donner en live, mais voici une nouvelle pierre précieuse dans la cour des pépites de JL.

Second ascenseur émotionnel de l’album après « We are the same », à mon avis. Il y a un univers sonore dans lequel on se retrouve immergé, pas comme dans une chanson classique.

9 – All of a sudden
Si vous êtes irrités par le falsetto de Jonny, passez votre chemin ! Si vous vous y êtes faits, écoutez et réécoutez ce morceau, une vraie perle soul-folk. Cette chanson aux accents éthérés voire oniriques nous berce comme un enfant. Un tapis de notes moirées scintille en arrière-plan, nous rappelant là encore Stevie Wonder, notamment son titre « Visions ». Ce treillis musical magique n’est pas anodin : Jonny évoque dans cette chanson son émerveillement devant sa femme et ses quatre enfants, qui ont changé sa vie, qui sont à la fois siens et différents. Il est rare d’entendre des chanteurs partager leur intimité avec cette tendresse légère et enchanteresse comme le fait Jonny Lang de façon très naturelle. Emouvant, ou agaçant, selon les tempéraments ! Pour certains, ce morceau restera une mièvrerie et ils sauteront la plage 9 sans hésiter. Pour d’autres, ce sera une pause de fraîcheur dans un disque brûlant. Dans « Turn around », c’était le méconnu « Last Goodbye » qui tenait cet office, avec des accents de Chet Baker !

10 – Seasons
Faux ennemi. Le morceau typique qu’on croit connaître avant de l’avoir écouté. La mélodie semble d’emblée trop académique et trop taillée pour illustrer un film d’animation de chez Disney ou Pixar. On ne prête pas trop attention aux paroles, en se disant que de toute façon on connaît les quatre saisons et qu’on a rien à attendre ni à entendre. Et puis un jour, on se décide à l’écouter pour de vrai ce « Seasons ». Et là, on embarque à bord d’un beau bateau. Ce qui semblait être de l’affectation, du maniérisme, se révèle être de la grâce, de la finesse, une certaine douceur tellement absente de nos vies. La progression de la chanson est fascinante. Elle monte en intensité, tout en gardant une sorte de légèreté. Etonnant. A certains moments, la chanson me fait justement penser au bien nommé « Grace » de Jeff Buckley, avec une voix qui crie en apesanteur au milieu d’un arrangement de cordes quasi symphonique. La grâce n’est pas une légèreté insignifiante, elle est une légèreté par résultat, une élévation. Cela rend plus léger et c’est magnifique.

11 – I’ll always be
De l’aveu même de Jonny, ce morceau ainsi que le précédent sont ses préférés. On comprend bientôt pourquoi. Par forcément à la première écoute où tout semble se dérouler comme du papier à musique, à l’instar de « Seasons ». Mais le chant, d’abord lent est semblant réduit à une ponctuation simple, se transforme et se dilate en une sorte de louange lyrique puissante et pourtant sans emphase, dont l’objet est clair : la femme, l’épouse, les années de fidélité et la fierté du chemin parcouru. En transposant dans le domaine musical, l’analogie est là : que de chemin parcouru depuis « Smokin’ » !

12 – Breakin’me
Cet enregistrement acoustique bonus doit dater d’une tournée acoustique dans les années 2005-2007. Belle version de LA ballade de « Wander this world », avec un chant moins puissant mais une approche plus douce. C’est beau, c’est subtil, mais j’ai du mal à oublier la version de l’album qui reste ma référence. Du coup, la version acoustique me paraît un peu édulcorée. A réécouter, sans doute.

13 – Never should have lied
Un original, lui aussi issu des sessions acoustiques de 2005-2007. Composé avec Jim Anton, c’est le genre de morceau que j’aurai bien vu dans le CD « fantôme » de 2000 qui n’a jamais vu le jour. Un style de chansons cross over entre « Wander this world » et « Long time coming ». La même intensité dramatique que dans « Long time comin » (le morceau) et que dans « Wander this world », et je préfère « Never should have lied » à « Long time coming » qui me vrillait un peu les tympans. Le chant de Jonny est déchirant, terrible, et cet air ne sort plus de ma tête depuis l’année où je l’ai vu en vidéo. Grandiose !

——

En conclusion, et après plusieurs dizaines d’écoutes de l’album, « Fight for my soul » me semble une synthèse très réussie, un melting pot, des précédents albums. Côté chant, Jonny va encore plus loin qu’avant, avec un falsetto assumé tout en gardant sa marque de fabrique dans le registre « blues shouter ». Les arrangements sont plus élaborés que jamais, l’album ne souffre pas même d’un titre « face B » contrairement à tous les albums depuis « Wander this world » qui comportaient des chansons parfois dispensables. Ce n’est que mon avis, Lisa pourra compléter avec sa propre critique, et de façon plus concise !

Romain

2 thoughts on “Fight for my soul (2013)

  1. Pingback: Fight For My Soul : On fait le point ?! | Jonny Lang

  2. Pingback: What is your favorite "Fight For My Soul" song? - Jonny Lang

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Current day month ye@r *